méningites et septicémies à méningocoque

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En France, les infections graves à méningocoque touchent environ 600 personnes par an (deux tiers de méningites, un tiers de septicémies). Les personnes les plus touchées sont les nourrissons de moins d’1 an, les enfants d’1 à 4 ans et les adolescents et jeunes adultes de 15 à 24 ans.

Les infections à méningocoque sont dues à une bactérie, Neisseria meningitidis, principalement de sérogroupes A, B, C, W et Y. En France, les principaux sérogroupes sont le B et le C.

Les méningocoques peuvent être présents dans l’arrière de la gorge, sans pour autant rendre malade : 5 à 10% de la population sont porteurs de la bactérie sans symptômes. La contamination se produit par des contacts proches et prolongés avec un porteur du germe. Cette bactérie se transmet, par exemple, par la toux ou les postillons.

Dans certains cas, les méningocoques peuvent se multiplier et passer dans le sang : on parle d’« infection invasive à méningocoque » (IIM).

Les formes les plus graves des infections à méningocoque sont les méningites (infections du liquide et des membranes qui enveloppent le cerveau) et les septicémies. Elles peuvent conduire au décès ou laisser des séquelles importantes.

L’apparition sur le corps de taches rouges ou violacées qui s’étendent très rapidement est le signe d’un purpura fulminans, une complication redoutable, mortelle dans 20 à 30% des cas en quelques heures en l’absence de traitement administré en urgence.

Les infections invasives à méningocoques sont, en France, des maladies à déclaration obligatoire.

En France, les infections graves à méningocoque touchent environ 600 personnes par an (deux tiers de méningites, un tiers de septicémies). Les personnes les plus touchées sont les enfants de moins d'1 an, les enfants entre 1 et 4 ans et les jeunes adultes non protégés de 15 à 24 ans.

Le vaccin contre méningites et septicémies à méningocoque

La vaccination contre les infections à méningocoque de sérogroupe C est indiquée chez l’enfant à partir de 5 mois et jusqu’à l’âge de 24 ans.

Il existe également des vaccins contre les infections à méningocoque de sérogroupe B et des vaccins contre les infections de sérogroupes A, C, Y et W (vaccins tétravalents ACYW135). Un vaccin bivalent contre les méningocoques A et C est disponible mais il n’est réservé qu’à des situations particulières chez des nourrissons de 6 mois à 1 an.

Certaines personnes exposées à un risque élevé d’infection invasive à méningocoque (IIM) doivent être vaccinées :

  • personnes immunodéprimées ;
  • personnes ayant été en contact étroit avec une personne présentant une IMM ;
  • personnels de laboratoire de recherche travaillant sur le méningocoque ;
  • voyageurs dans certaines conditions ;
  • existence de plusieurs cas dans un groupe de population.

Recommandations générales

La vaccination contre les infections à méningocoque C avec un vaccin conjugué est recommandée pour tous les nourrissons à l’âge de 5 mois. L’extension systématique de cette vaccination jusqu’à l’âge de 24 ans inclus est également recommandée.

Devant une couverture vaccinale insuffisante pour certaines vaccinations, la réapparition d’épidémies et à la suite des recommandations émises à l’issue de la concertation citoyenne organisée en 2016, le ministère de la Santé a recommandé, en juillet 2017, d’élargir l’obligation vaccinale à huit vaccins supplémentaires chez les bébés de moins de dix-huit mois (CoquelucheHaemophilus influenzae bHépatite BMéningocoque CPneumocoqueRougeoleOreillonsRubéole).
Ces 8 vaccins, dont bénéficie déjà la grande majorité des enfants, deviendraient donc obligatoires en 2018 chez l’enfant de moins de dix-huit mois, en plus des trois vaccins déjà obligatoires (DiphtérieTétanosPoliomyélite).

Recommandations particulières

La vaccination contre les méningocoques de sérogroupes A, C, Y et W (vaccin tétravalent ACYW135) et les méningocoques de sérogroupe B est recommandée chez des personnes se trouvant dans certaines situations de santé très particulières notamment les personnes immunodéprimées.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

La vaccination de personnes ayant été en contact étroit avec une personne présentant une infection invasive à méningocoque est organisée par les autorités sanitaires dans les dix jours suivant l’apparition du cas, en complément d’un traitement antibiotique. Le vaccin utilisé dépend de la nature du méningocoque responsable.

La vaccination contre les méningocoques peut être recommandée par les autorités sanitaires pour un groupe de personnes lorsqu’il existe plusieurs cas d’infections invasives dans leur entourage ou en situation d’épidémie. Le vaccin utilisé dépend de la nature du méningocoque responsable.

En milieu professionnel

La vaccination contre les infections à méningocoque C de sérogroupe B et de sérogroupes A, C, Y et W est recommandée chez les personnels des laboratoires de recherche travaillant sur le méningocoque.

N’hésitez pas à vous renseigner, selon votre situation, auprès de votre médecin traitant ou de votre médecin du travail.

Recommandations pour les voyageurs

Les vaccins à administrer dépendent de la zone dans laquelle se rendent les voyageurs.

La vaccination contre la méningite est recommandée aux personnes se rendant dans une zone fortement touchée, en particulier « la ceinture de la méningite » en Afrique (en zone de savane et au Sahel, du Sénégal à l’ouest à l’Ethiopie à l’est) ou dans toute autre zone où sévit une épidémie, en cas de résidence ou de séjour en contact étroit avec la population locale.

Les vaccins recommandés dans ces circonstances sont :

  • pour les nourrissons âgés de 2 à 12 mois, en cas d’épidémie due au méningocoque de sérogroupe C : avec le vaccin méningococcique C conjugué
  • pour les personnes âgées de 6 semaines et plus, avec un vaccin polyosidique conjugué A,C,Y,W135
  • pour les personnes se rendant dans une zone fortement touchée pour y exercer une activité dans le secteur de la santé ou auprès de populations réfugiées, avec un vaccin ACYW135 conjugué.

La vaccination contre les infections à méningocoque avec un vaccin ACYW135 est obligatoire pour l’obtention des visas pour les personnes effectuant le pèlerinage en Arabie Saoudite.

Schéma de vaccination

Vaccins conjugués monovalents C :

Nourrissons : Une dose à l’âge de 5 mois et un rappel à l’âge de 12 mois.

Enfants, adolescents, adultes : une dose unique

Dans des situations particulières, autour d’un cas ou dans des situations épidémiques liées aux infections à méningocoque C, la vaccination peut être effectuée dès l’âge de 2 mois. Des rappels peuvent être indiqués en fonction de l’âge à la vaccination et du délai depuis la vaccination.

L’efficacité des vaccins contre le méningocoque varie selon leur composition mais reste toujours très bonne. Dans certains pays européens comme l’Espagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, il a été constaté que des taux élevés de couverture vaccinale (plus de 80%) jusqu’à 19 ans, réduisaient de façon considérable le nombre d’infections invasives à méningocoque C, aussi bien chez les personnes ciblées par la vaccination que chez les autres (on parle d’« immunité de groupe »).

La protection des nourrissons de moins d’1 an est attendue grâce à la réduction du portage du germe induite par l’extension de cette vaccination jusqu’à 24 ans si les couvertures vaccinales sont élevées (immunité de groupe).

L’efficacité des vaccins conjugués C dépasse 90% chez les nourrissons vaccinés.

En France, le nombre d’infections invasives à méningocoque de sérogroupe C a nettement diminué depuis 2003. Le nombre de cas annuel est passé de 219 à 118 cas en 2015.

En France, plusieurs types de vaccins contre les méningocoques sont disponibles. Les vaccins conjugués sont des vaccins inactivés et fabriqués avec une protéine de toxine d’une autre bactérie. Ils sont efficaces dès le plus jeune âge et diminuent la contagiosité. Les vaccins « non conjugués » sont des vaccins inactivés mais ne sont plus utilisés en dehors de situations particulières. Le vaccin dirigé contre le méningocoque B est un vaccin inactivé.

Nom commercial

Types de méningocoque

Pour qui ?

Type de vaccin

Remboursement

Bexsero®

B

Utilisation restreinte

Monovalent

Pris en charge à 65% par l’assurance maladie dans le cadre des recommandations***

Vaccin méningococcique A + C ®

A, C

Bivalent, non conjugué

Non pris en charge par l’assurance maladie*

Menjugate 10®

C

Nourrissons à partir de 2 mois, enfants, adolescents et adultes

Monovalent conjugué

Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**

Neisvac®

Menveo®***

A, C, Y, W135

Enfants à partir de 2 ans, adolescents et adultes

Tétravalent, conjugué

Nimenrix®***

Enfants à partir d’1 an, adolescents et adultes

Nom commercial

Bexsero®

Types de méningocoque

B

Pour qui ?

Utilisation restreinte

Type de vaccin

Monovalent

Remboursement

Pris en charge à 65% par l’assurance maladie dans le cadre des recommandations***

Nom commercial

Vaccin méningococcique A + C ®

Types de méningocoque

A, C

Pour qui ?

Utilisation restreinte

Type de vaccin

Bivalent, non conjugué

Remboursement

Non pris en charge par l’assurance maladie*

Nom commercial

Menjugate 10®Neisvac®

Types de méningocoque

C

Pour qui ?

Nourrissons à partir de 2 mois, enfants, adolescents et adultes

Type de vaccin

Monovalent conjugué

Remboursement

Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**

Nom commercial

Menveo®***

Types de méningocoque

A, C, Y, W135

Pour qui ?

Enfants à partir de 2 ans, adolescents et adultes

Type de vaccin

Tétravalent, conjugué

Remboursement

Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**

Nom commercial

Nimenrix®***

Types de méningocoque

A, C, Y, W135

Pour qui ?

Enfants à partir d’1 an, adolescents et adultes

Type de vaccin

Tétravalent, conjugué

Remboursement

Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**

* Certaines complémentaires santé (mutuelles) proposent des formules comprenant le remboursement des vaccinations destinées aux voyageurs
** Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles)
*** Ce vaccin n’est pris en charge par l’assurance maladie que dans certaines situations médicales

Il convient de se référer à la notice de ces vaccins, disponibles sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Les vaccins contre les méningocoques ne doivent pas être utilisés en cas d’allergie à la substance active ou à l’un des excipients (situation très rare).

La vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Il convient de se référer à la notice de ces vaccins, disponibles sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

Effets indésirables communs à tous les vaccins injectables :

  • Réaction au site d’injection telle que douleur, rougeur, gonflement : très fréquent (>10 cas sur 100 vaccinés).
  • Des effets généraux comme de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires : fréquent (1 à 10 cas sur 100 vaccinés).
  • Réaction allergique : très rare (1 cas sur 450 000 vaccinés).

Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination. Si l’un des symptômes décrits ci-dessous apparaît, vous devez immédiatement contacter un médecin ou les urgences médicales :

  • une éruption cutanée pouvant s’accompagner de démangeaisons ou de bulles ;
  • un gonflement des yeux et du visage ;
  • une difficulté à respirer ou à avaler ;
  • une chute soudaine de la pression artérielle et une perte de connaissance.

En cas d’inquiétude après une vaccination, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Depuis mars 2017, le signalement des effets indésirables a été simplifié. Toute personne peut désormais déclarer un effet indésirable, en ligne, sur le site du ministère de la santé.

Le vaccin contre les méningocoques est prescrit par un médecin et remboursé par l’assurance maladie dans certaines conditions.

Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2° C et + 8° C. Il ne doit pas être congelé.

La vaccination peut être réalisée par un médecin, un infirmier (sur prescription médicale) ou une sage-femme, en libéral, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans). Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles.

Il n’y a pas d’avance de frais pour la consultation dans les centres de vaccination publics et en PMI.

Le vaccin est administré par voie intramusculaire.