infections à Papillomavirus humains (HPV)

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En France, près de 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année et environ 1 000 femmes en décèdent.

Les infections à Papillomavirus humains (HPV) sont très fréquentes et se transmettent lors des contacts sexuels. Environ 8 femmes sur 10 sont exposées à ces virus au cours de leur vie. Dans 60% des cas, l’infection a lieu au début de la vie sexuelle.

HPV

Les infections par les HPV sont le plus souvent sans aucun symptôme. Dans la plupart des cas, le virus s’élimine naturellement en un à deux ans et l’infection n’a aucune conséquence sur la santé. Dans certains cas, des condylomes (verrues génitales) peuvent apparaître. L’infection persistante par les HPV est rare (moins de 10% des cas), mais elle peut entraîner, chez la femme, la formation de lésions au niveau du col de l’utérus : on parle alors de lésions « précancéreuses ». Pour certains HPV, appelés HPV à haut risque, ces lésions peuvent évoluer vers un cancer en dix à vingt ans.

Les lésions précancéreuses sont détectées par les frottis de dépistage qui doivent être régulièrement effectués par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Les traitements proposés varient en fonction des lésions.

En France et en Europe, les cancers du col de l’utérus sont causés dans près de trois quarts des cas par les HPV 16 et 18. Ces HPV à haut risque sont aussi les principaux HPV responsables d’autres cancers plus rares de la région ano-génitale chez la femme (cancer du vagin, de la vulve) et du cancer de l’anus dans les deux sexes.

La prévention du cancer du col de l’utérus repose sur la vaccination, qui prévient l’infection par les HPV inclus dans le vaccin, associée au dépistage par frottis qui identifie les lésions précancéreuses induites par les HPV.

Le vaccin contre infections à Papillomavirus humains (HPV)

La vaccination contre les infections à Papillomavirus humains (HPV) concerne, en France, essentiellement les jeunes filles. Pratiquée avant le début de la vie sexuelle, son efficacité pour empêcher l’infection par les HPV inclus dans le vaccin est proche de 100%.

Deux vaccins sont disponibles :

  • Le vaccin Gardasil® protège de l’infection contre les deux HPV les plus à haut risque (HPV 16 et 18) ainsi que contre les deux HPV responsables d’environ 90% des verrues génitales.
  • Le vaccin Cervarix® protège contre les HPV 16 et 18.

La vaccination ne protège pas contre tous les HPV liés au cancer du col de l’utérus. C’est la raison pour laquelle le dépistage par frottis doit être régulièrement réalisé jusqu’à 65 ans, que l’on soit vaccinée ou non.

Recommandations générales

La vaccination contre les infections à Papillomavirus humains (HPV) est recommandée pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans. 2 ou 3 injections sont nécessaires en fonction du vaccin utilisé et de l’âge. Par ailleurs, dans le cadre du rattrapage vaccinal, la vaccination est recommandée pour les jeunes filles et jeunes femmes entre 15 et 19 ans.

Enfin, il faut rappeler que certains pays ont fait le choix de vacciner tous les adolescents, quel que soit leur sexe (filles et garçons).

Recommandations particulières

La vaccination contre les HPV est également recommandée :

  • jusqu’à l’âge de 19 ans, chez les hommes transplantés (ayant reçu une greffe) et les hommes vivant avec le VIH ;
  • jusqu’à l’âge de 26 ans, les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Schéma de vaccination

Le schéma de vaccination diffère selon le vaccin utilisé :

Gardasil® :

  • Vaccination débutée entre 11 et 13 ans : 2 doses espacées de six mois.
  • Vaccination débutée entre 14 et 19 ans : 3 doses selon le schéma suivant : 1 dose, 1 dose deux mois plus tard, 1 dose trois mois plus tard.

Cervarix® :

  • Vaccination débutée entre 11 et 14 ans : 2 doses espacées de six mois.
  • Vaccination débutée entre 15 et 19 ans : 3 doses selon le schéma suivant : 1 dose, 1 dose un mois plus tard, 1 dose quatre mois plus tard.

En cas de retard, il est inutile de tout recommencer, il suffit de compléter avec la ou les doses manquantes.

À noter : l’une des doses de la vaccination contre les infections à HPV peut être administrée au même moment que le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche prévu entre 11 et 13 ans ou avec un vaccin contre l’hépatite B, dans le cadre du rattrapage vaccinal.

Lorsqu’elle est effectuée avant le début de la vie sexuelle, la protection conférée par le vaccin contre les virus inclus dans le vaccin est proche de 100%. Lorsque la vaccination est effectuée après le début de la vie sexuelle, la protection est moindre, car le vaccin ne protège pas contre les HPV qui ont déjà contaminé la jeune fille ou jeune femme.

Après dix années de vaccination dans les pays où un nombre important de jeunes filles sont vaccinées comme l’Australie ou l’Angleterre, le nombre de nouveaux cas de lésions précancéreuses du col de l’utérus ainsi que de verrues génitales a nettement diminué.

Les vaccins contre les HPV sont des vaccins inactivés.

Toute vaccination initiée avec l’un des vaccins doit être menée à son terme avec le même vaccin.

Nom commercial*

Gardasil®

Maladies
concernées

infections à Papillomavirus humains (HPV)

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Enfants de 11 à 15 ans, adultes jusqu’à 19 ans
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Cervarix®

Maladies
concernées

infections à Papillomavirus humains (HPV)

Type de vaccin Bivalent
Pour qui ? Enfants de 11 à 15 ans, adultes jusqu’à 19 ans
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Gardasil®

infections à Papillomavirus humains (HPV)

Tétravalent Enfants de 11 à 15 ans, adultes jusqu’à 19 ans Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Cervarix®

infections à Papillomavirus humains (HPV)

Bivalent Enfants de 11 à 15 ans, adultes jusqu’à 19 ans Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

*Cliquez sur le nom du vaccin pour obtenir son prix et plus d’informations.
**Le montant restant est généralement remboursé par les organismes complémentaires (mutuelles).

Il convient de se référer à la notice de ces vaccins, disponibles sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Le vaccin ne doit pas être administré en cas :

  • d’allergie aux substances actives, à l’un des autres composants du vaccin ;
  • de réaction allergique après une précédente injection.

La vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.

Pour plus d’information, n’hésitez pas demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Il convient de se référer à la notice de ces vaccins, disponibles sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

Effets indésirables communs à tous les vaccins injectables :

  • Réaction au site d’injection telle que douleur, rougeur, gonflement : très fréquent (>10 cas sur 100 vaccinés).
  • Des effets généraux comme de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires : fréquent (1 à 10 cas sur 100 vaccinés).
  • Réaction allergique : très rare (1 cas sur 450 000 vaccinés).

Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination. Si l’un des symptômes décrits ci-dessous apparaît, vous devez immédiatement contacter un médecin ou les urgences médicales :

  • une éruption cutanée pouvant s’accompagner de démangeaisons ou de bulles ;
  • un gonflement des yeux et du visage ;
  • une difficulté à respirer ou à avaler ;
  • une chute soudaine de la pression artérielle et une perte de connaissance.

À savoir
La préoccupation relative à l’innocuité des vaccins contre les infections à Papillomavirus humains (HPV) concerne le risque de survenue de maladies auto-immunes.

1. En l’absence de toute vaccination, des maladies auto-immunes (MAI) peuvent être observées chez des jeunes femmes (beaucoup plus souvent que chez les hommes). Une étude publiée en 2007 a évalué ces risques en Californie avant même la mise sur le marché des vaccins anti-HPV. À titre d’exemple pour la sclérose en plaques (SEP), le risque de survenue de la maladie a été évalué à 3/100 000 dans les six semaines qui suivraient une vaccination. Aussi, sur la base de ces données, lorsqu’un grand nombre de personnes sont vaccinées, il faut s’attendre à ce que des cas soient observés à la suite d’une vaccination sans qu’il y ait de relation avec la vaccination.

2. Après la mise sur le marché des vaccins HPV, différentes études réalisées par des institutions officielles indépendantes des firmes pharmaceutiques, ont comparé la survenue de maladies auto-immunes chez des millions de femmes vaccinées ou non, aux Etats-Unis, au Danemark, en Suède. En France, une étude nationale portant sur une cohorte de 2,2 millions de jeunes filles âgées de 13 à 16 ans a été réalisée par l’ANSM et l’assurance maladie. L’ensemble de ces études n’a pas montré d’augmentation du risque de maladies auto-immunes en lien avec la vaccination. Cependant, une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré après vaccination anti-HPV apparaît probable d’après les résultats d’une seule étude.

Depuis mars 2017, le signalement des effets indésirables a été simplifié. Toute personne peut désormais déclarer un effet indésirable, en ligne, sur le site du ministère de la santé.

Le vaccin contre les infections à HPV est prescrit par un médecin et pris en charge à 65% par l’assurance maladie, le montant restant étant généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles).

Le vaccin est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2° C et + 8° C. Il ne doit pas être congelé.

La vaccination peut être réalisée par un médecin, un infirmier (sur prescription médicale) ou une sage-femme, en libéral, à l’hôpital ou dans un Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), un centre de planification familiale et certains centres de vaccination publics.

L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles.

Il n’y a pas d’avance de frais pour la consultation dans les centres de vaccination publics, les Cegidd et les centres de planification familiale.

Le vaccin est administré par voie intramusculaire.